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Stagiaires de fin d'année : gratification, convention, limites légales

Un stagiaire qui arrive en novembre pour six semaines ? Pas de gratification, le stage fait moins de deux mois. C'est le raisonnement le plus courant, et c'est là que ça se joue : le compteur des deux mois ne se remet pas à zéro entre deux stages.

Le seuil ne se compte pas en mois


La loi parle de deux mois, mais elle ne les mesure pas sur un calendrier. Elle les traduit en heures de présence effective : un mois vaut 22 jours de présence, un jour vaut 7 heures.

2 mois = 44 jours = 308 heures. La gratification devient obligatoire à la 309e heure.

Un stage de dix semaines à trois jours par semaine reste sous le seuil : 30 jours, 210 heures. Un stage de neuf semaines à temps plein le franchit : 45 jours, 315 heures. Ce sont les heures qui décident, pas la durée affichée sur la convention.

Code de l'éducation, art. L. 124-6 et D. 124-6 — durée calculée en temps de présence effective ; 7 heures valent un jour, 22 jours valent un mois.


Et il ne repart pas de zéro

Voici le point que la plupart des services RH découvrent trop tard. Le seuil s'apprécie par année d'enseignement et par organisme d'accueil, pas par stage. Les périodes s'additionnent, même séparées de plusieurs mois.

Concrètement : un étudiant fait six semaines chez vous en mars. Il revient en novembre pour six semaines. Deux conventions distinctes, deux stages courts mais une seule année d'enseignement. Les heures se cumulent, le seuil des 308 heures est franchi, et la gratification est due.

L'erreur qui coûte cher

Quand le seuil est dépassé en cours de route, la gratification n'est pas due seulement pour les heures au-delà de 308. Elle porte sur l'intégralité des heures effectuées, y compris celles du premier stage. Le rattrapage se fait rétroactivement, et il est réclamable devant le conseil de prud'hommes.


L'année d'enseignement chevauche l'année civile. Un stage de décembre et un stage de mars appartiennent donc à la même période de référence, alors qu'ils tombent sur deux exercices comptables différents. C'est précisément ce décalage qui rend les stages de fin d'année plus risqués que les autres.

Les montants 2026

Le plafond horaire de la Sécurité sociale est passé à 30 € au 1er janvier 2026. La gratification minimale, fixée à 15 % de ce plafond, suit :

Gratification minimale 4,50 € par heure de présence
Sur un mois à temps plein 693 € (154 h × 4,50 €)
Seuil de déclenchement 309e heure de présence, par année d'enseignement
Franchise de cotisations jusqu'à 4,50 €/h — au-delà, la part excédentaire est soumise

Deux réserves. Votre convention collective peut imposer un montant supérieur ou un seuil de déclenchement plus court l'industrie pharmaceutique déclenche la gratification dès un mois. Et si vous versez plus que le minimum, seule la fraction au-delà de 4,50 €/h entre dans l'assiette des cotisations, la cotisation AT-MP restant due dans tous les cas.

Ce qui fait requalifier un stage en contrat de travail

Un stage est une période de formation. Dès qu'il devient un poste de travail déguisé, le juge peut le requalifier en CDI avec rappel de salaire, indemnités de rupture et régularisation de cotisations à la clé.

- Remplacer un salarié absent ou dont le poste vient d'être supprimé : interdit, sans exception.
- Occuper un poste permanent ou faire face à un accroissement temporaire d'activité : c'est un CDD, pas un stage.
- Absence de tuteur réel ou de lien avec le cursus : l'objectif pédagogique doit être démontrable.
- Délai de carence : entre deux stagiaires sur un même poste, respectez un tiers de la durée du stage précédent.

Deux plafonds à surveiller également : six mois maximum par année d'enseignement et par organisme, et un quota de stagiaires proportionnel à votre effectif 15 % au-delà de 20 salariés, trois stagiaires en dessous.

Les trois réflexes de fin d'année

1) Avant de signer, demandez si l'étudiant a déjà été accueilli chez vous cette année d'enseignement. Une question, dix secondes, et vous évitez le rattrapage.
2) Comptez en heures, pas en semaines. Tenez le décompte de présence dès le premier jour : c'est la seule pièce qui vaudra en cas de contestation.
3) Inscrivez le montant dans la convention, même quand la gratification n'est pas obligatoire. Un versement volontaire non formalisé se retourne facilement contre l'employeur.


Chez Azuria, on vous accompagne !

Accueillir un stagiaire n'a rien d'une formalité administrative : c'est avant tout une question de méthode. Compter en heures et non en semaines, vérifier l'historique de l'année d'enseignement, formaliser le montant dans la convention et transformer ces obligations en une expérience qui donne envie de revenir.

Mais parfois, la fin d'année se resserre. Il faut alors sécuriser plusieurs conventions en même temps, rattraper une situation qui a dérapé, ou cadrer une politique de stages qui s'est construite au fil des demandes. Et c'est là qu'on entre en jeu :

- Audit de vos conventions de stage et vérification des seuils de gratification
- Accompagnement juridique RH, individuel comme collectif
- Stratégie et achat média pour vos campagnes de recrutement, jobboards compris
- Conseil en outils RH et IA RH pour industrialiser votre suivi

Autrement dit : vous gardez la main sur vos recrutements, on vous aide à les sécuriser.

Des stages à cadrer ? Parlons-en dès maintenant !