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Si vous préparez Octobre Rose en entreprise, vous avez sans doute déjà reçu deux ou trois catalogues de goodies roses. Stylos, tote bags, rubans, bougies « solidaires »… Le réflexe est compréhensible : octobre arrive, il faut montrer qu'on est là. Sauf que vos salariés ne sont pas dupes. Vos candidats non plus. Et un ruban épinglé sur un badge ne dit rien de la façon dont vous traitez la collègue qui revient de six mois de chimio.
Alors cette année, on vous propose de faire les choses dans l'autre sens avant de commander quoi que ce soit, prenez une heure avec la direction, les services généraux et la com', et posez-vous cinq questions.
Octobre Rose en entreprise : pourquoi le ruban ne suffit plus !
Les chiffres d'abord, rapidement. En France, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués en 2023, et la maladie a causé 12 757 décès en 2022, selon l'Institut national du cancer. Côté dépistage, ça ne décolle pas vraiment. Santé publique France mesure un taux de participation de 45,7 % au programme organisé sur 2024-2025, un poil en dessous des 46,6 % de 2022-2023. Pour être juste, 2025 remonte à 47,5 % après une année 2024 difficile, et environ 11 % des femmes se font dépister en dehors du programme. Mais on reste sous la barre d'une femme invitée sur deux.
Le chiffre qui devrait vraiment faire réagir un DRH est ailleurs. Chaque année, plus de 433 000 personnes apprennent qu'elles ont un cancer, et 40 % d'entre elles travaillent. Cinq ans plus tard, une personne sur cinq parmi les 18-54 ans qui étaient en poste n'a plus d'emploi (enquête VICAN5, INCa et Inserm). Au moins 12 % racontent avoir subi rejet ou discrimination de la part de collègues.
Octobre Rose n'est pas d'abord un sujet de communication. C'est un sujet de management, de santé au travail, de maintien dans l'emploi. La com' vient après, et elle ne tient debout que si le reste existe.
Le pinkwashing, concrètement, c'est quoi ?
Le pinkwashing, c'est afficher son soutien à la lutte contre le cancer du sein (de la couleur rose, un ruban, un produit « solidaire ») sans rien de concret, de transparent ou de cohérent derrière. Le terme a été popularisé au début des années 2000 par l'association américaine Breast Cancer Action, qui voyait le ruban rose servir de plus en plus à vendre.
Les signaux d'alerte sont assez faciles à repérer. Il y a le fameux « une partie des bénéfices sera reversée », sans montant, sans nom d'association, sans date. Il y a le logo passé en rose sur LinkedIn pendant que rien ne bouge en interne. Il y a l'afterwork au rosé « pour la bonne cause », alors que l'alcool fait partie des facteurs de risque reconnus du cancer du sein (si, si, ça s'est vu). Et il y a le grand classique : tout s'éteint le 1er novembre.
La question n'est donc plus de savoir s'il faut participer. Elle est plutôt : est-ce que notre action résiste si quelqu'un gratte un peu ?
La grille en 5 questions avant de lancer votre campagne :
Réunissez les bonnes personnes, soyez honnêtes, et notez vos réponses. Si vous bloquez sur une question, ce n'est pas grave. C'est même exactement à ça que sert l'exercice.
1. À qui profite vraiment notre action ?
Si la réponse sincère est « à notre image », on s'arrête là et on recommence. Une action crédible a un bénéficiaire identifié, qu'on peut nommer publiquement. Le montant ou son mode de calcul est clair dès le départ : « 5 euros par kilomètre parcouru par l'équipe », c'est lisible, « une partie des ventes » et en novembre, vous dites combien vous avez réellement versé.
Pensez local. Les comités départementaux de la Ligue contre le cancer et les centres régionaux de coordination des dépistages interviennent souvent en entreprise, et ils connaissent le terrain mieux que n'importe quelle agence.
2. Le message santé que nous relayons est-il juste ?
Octobre Rose reste une campagne pour encourager le dépistage. Le programme de dépistage organisé invite les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni risque particulier, à faire une mammographie tous les deux ans, prise en charge à 100 %. La Haute Autorité de santé recommande en plus un examen clinique des seins chaque année à partir de 25 ans, chez le médecin, le gynécologue ou la sage-femme. Et quel que soit l'âge, un changement inhabituel de la poitrine justifie de consulter.
Ce qu'il ne faut pas faire : jouer au médecin. Un RH n'a pas à donner de conseil médical, et un message culpabilisant fait plus de mal que de bien. Faites intervenir votre service de santé au travail ou une structure spécialisée, et affichez le numéro gratuit Cancer Info : 0 805 123 124.
3. Qu'est-ce qui restera le 1er novembre ?
C'est la question qui fait le tri entre engagement et opération de communication. Quelques pistes qui durent : autoriser une vraie souplesse d'horaires pour les rendez-vous de dépistage (le Code du travail ne prévoit pas d'absence spécifique pour ça, c'est donc à vous de le formaliser, par accord, note interne ou usage), former les managers à réagir quand un collaborateur annonce une maladie grave, rappeler les dispositifs qui existent déjà et que peu de gens connaissent, comme le rendez-vous de liaison pendant un arrêt, la visite de préreprise ou le temps partiel thérapeutique.
Faites relire vos dispositifs internes à la lumière de votre convention collective. Une belle promesse mal cadrée juridiquement peut vite se retourner contre vous.
4. Est-ce que c'est cohérent avec ce qu'on fait le reste de l'année ?
Vos équipes repèrent l'incohérence en quelques secondes, et les plus jeunes encore plus vite. Posez-vous des questions simples. Nos événements d'octobre sont-ils sans alcool ? Nos partenaires sont-ils compatibles avec un message de santé ? Comment traitons-nous, aujourd'hui, les salariés en arrêt longue maladie ? Ce qu'on s'apprête à publier sur LinkedIn, nos salariés pourraient-ils le confirmer en commentaire ?
3. Qu'est-ce qui restera le 1er novembre ?
C'est la question qui fait le tri entre engagement et opération de communication. Quelques pistes qui durent : autoriser une vraie souplesse d'horaires pour les rendez-vous de dépistage (le Code du travail ne prévoit pas d'absence spécifique pour ça, c'est donc à vous de le formaliser, par accord, note interne ou usage), former les managers à réagir quand un collaborateur annonce une maladie grave, rappeler les dispositifs qui existent déjà et que peu de gens connaissent, comme le rendez-vous de liaison pendant un arrêt, la visite de préreprise ou le temps partiel thérapeutique.
Faites relire vos dispositifs internes à la lumière de votre convention collective. Une belle promesse mal cadrée juridiquement peut vite se retourner contre vous.
4. Est-ce que c'est cohérent avec ce qu'on fait le reste de l'année ?
Vos équipes repèrent l'incohérence en quelques secondes, et les plus jeunes encore plus vite. Posez-vous des questions simples. Nos événements d'octobre sont-ils sans alcool ? Nos partenaires sont-ils compatibles avec un message de santé ? Comment traitons-nous, aujourd'hui, les salariés en arrêt longue maladie ? Ce qu'on s'apprête à publier sur LinkedIn, nos salariés pourraient-ils le confirmer en commentaire ?
Si la réponse à la dernière question vous fait hésiter, commencez les sujets par l'interne.
5. Qui avons-nous consulté, et comment saura-t-on si ça a marché ?
Une animation pensée pour être « fun et rose » peut être très mal vécue par une personne en traitement, ou qui vient de perdre un proche. D'où l'intérêt de construire le projet avec le CSE, la médecine du travail et, si elles le souhaitent, des salariées directement concernées. La participation doit rester volontaire, toujours.
Fixez aussi deux ou trois indicateurs avant de commencer, pas après. Le nombre de personnes présentes aux ateliers, la part de salariés qui connaissent leurs droits (un sondage de deux minutes en novembre suffit), le montant effectivement reversé.
La grille en un coup d’œil
Cinq questions à se poser avant de lancer sa campagne Octobre Rose.
| Question | Bon signe | Mauvais signe |
|---|---|---|
| 1À qui profite l’action ? | Bénéficiaire nommé, montant clair | « Une partie des bénéfices » |
| 2Le message santé est-il juste ? | Sources officielles, intervenant qualifié | Conseils approximatifs, ton culpabilisant |
| 3Que reste-t-il après octobre ? | Au moins une mesure durable | Tout s’arrête le 31 |
| 4Est-ce cohérent ? | Pratiques internes alignées | Afterwork rosé, com’ sans réalité interne |
| 5Qui a été consulté ? | CSE, santé au travail, indicateurs fixés | Décision en petit comité, aucune mesure |
Chez Azuria, on vous accompagne !
Réussir Octobre Rose en entreprise, ce n'est pas repeindre ses réseaux en rose : c'est d'abord une question de cohérence. Choisir les bons partenaires, relayer un message santé fiable, vérifier que vos dispositifs internes tiennent la route, préparer vos managers à accueillir une annonce difficile, et faire en sorte que tout cela survive au mois d'octobre.
Mais parfois, le calendrier ne laisse pas le temps de tout construire. Il faut alors lancer une campagne en quelques semaines sans tomber dans le coup de com', remettre à plat un accompagnement des salariés malades resté théorique, ou convaincre une direction qui hésite à s'engager. Et c'est là qu'on entre en jeu :
Audit de vos dispositifs d'accompagnement : maladie grave, aménagements, retour au travail
Construction d'une communication interne et employeur crédible, sans pinkwashing
Formation de vos managers à l'annonce de la maladie et au maintien dans l'emploi
Conseil juridique RH pour sécuriser vos aménagements, accords et engagements
Autrement dit : votre engagement est sincère, on vous aide à le rendre concret, cohérent et durable.
Une campagne Octobre Rose à lancer ou un accompagnement à structurer ? Parlons-en dès maintenant !